Jamais je n'aurai cru qu'on en arriverai jusque là. Tout allait bien dans notre couple, jusqu'au jour où tu as été licencié. Je te voyais rentrer chaque soir le visage las, après avoir parcouru les rues à la recherche d'un emploi. Moi je bossais toujours et tu as très vite commencé à ma lancer des reproches, comme quoi j'étais bien moins attentive à toi, toujours la tête à mon boulot. Mais à vrai dire, je ne faisais qu'essayer d'arranger notre situation. Tu as mal supporté le fait que c'était moi qui rapportais à présent les ressources financières, tu te sentais comme humilié. La nuit, je te voyais souvent étendu sur le dos, les yeux dans le vague, tu ne me parlais même plus. Et petit à petit, par manque de sommeil, tu as commencé à devenir agressif. Quand je te parlais de mon boulot, tu me criais "ta gueule, ça va, j'ai compris !"; quand je te prenais dans mes bras,tu me repoussais violemment. J'ai alors commencé à me sentir très mal. Plus aucun regard de ta part. Tous les deux cloisonnés dans notre souffrance. Et comme tu ne trouvais plus les mots pour l'exprimer, tu es devenu violent.
Un soir, j'ai voulu te faire réagir pour que tu te prennes en main pour retrouver du travail. Ca t'a énervé et le premier coup est parti. Tu as tenté de d'excuser tout de suite, sous prétexte que tu ne contrôlais pas ta force mais j'avsi quand même la figure en sang !
Tu m'as alors promis de ne plus jamais recommencer, de faire plus attention la prochaine fois. Seulement, même pas quelques jours après, ça a à nouveau pêté. Je m'enfonçais sous la force de tes coups jusqu'à me cacher sous une table. J'avais pourtant eu l'espoir que plus jamais tu ne recommencerai, je t'avais pardonné. Ca s'est empiré et j'ai fini par quitter la maison. Partir loin de toi, loin de ce lieu de torture morale. Maintenant, je me retrouves soumise à dormir sous un pont, je n'ai nulle part où loger et la peur de te revoir débarquer dans ma vie me poursuit chaque jour.
Ce que je veux te faire comprendre, toi qui lit ces lignes attentivement, c'est qu'on est jamais à l'abri de rien. On peut avoir l'impression de vivre dans le bonheur et de se retrouver du jour au lendemain sans toit, la peur au ventre du lendemain...
En France, en 2008, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint.
Cette problématique touche toutes les classes sociales.
Plusieurs causes sont évoquées dans les constats :
divorce,chômage,passion excessive,séparation,antécédents familiaux violents, union trop précoce, addiction à certaines substances illicites et bien d'autres encore.
Dans notre société, certaines cultures sont sexistes et donnent un rôle de service à la femme, qui la soumette à l'homme.
Mais que peut-ont faire pour faire modifier les représentations sociales à l'égard de l'homme et de la femme dans la société ?